Etude A. Le Gallo - Bir-Hakeim

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Etude A. Le Gallo

L'HISTOIRE

Une Etude d'Armel Le Gallo



Mai 1942 ... les Anglais contrôlent le port de Tobrouk en Libye, pièce essentielle de leur dispositif militaire.  Pour attaquer l'Égypte, Rommel doit donc absolument faire sauter ce verrou.  Tobrouk est protégé par des lignes de défense formant un système de petits forts couverts et reliés par des champs de mines . Ces lignes aboutissent à Bir-Hakeim.
Bir-Hakeim est défendue par la 1 ère Brigade des Forces Françaises Libres, sous le commandement du général KOENIG.  Cette garnison de 3 600 hommes regroupe quatre bataillons d'infanterie dont un bataillon de Légion, un bataillon colonial, un régiment d'artillerie fort de quatre batteries de six pièces de 75 mm, un bataillon de fusiliers marins et diverses unités du génie, des transmissions, ainsi qu'un groupe sanitaire, et une seule ambulance chirurgicale légère.  Simple puits asséché au bout de quelques jours de la présence de plusieurs milliers d'hommes, Bir-Hakeim, est une place inhospitalière, privée de végétation, balayée par de fréquents vents de sable.  C'est dans ces conditions difficiles que la brigade a, depuis février 1942, installé les lieux, mettant en place un dispositif de défense principalement contre l'attaque des blindés.  L'intérieur du périmètre, plat, est creusé de tranchées individuelles, voire de sapes, plus étanches que les tentes contre les tourbillons de sable.
Dans l'après-midi du 26 mai, le mouvement de deux fortes colonnes se dirigeant du nord-ouest vers Bir-Hakeim a été repéré.  A neuf heures, le lendemain matin, soixante-dix tanks, au sud, pilonnent la position, puis foncent droit sur les défenses.  A un moment donné, trente chars avancent sirnultanément, les premiers coups d'antichar sont tirés alors qu'ils sont à 400 mètres, les derniers alors qu'ils ne sont qu'à quelques mètres.  A 11h3O l'ennemi, laissant trente-deux chars sur le terrain, se retire.  Par les prisonniers, les Français apprendront qu'ils ont été attaqués par la division blindée italienne « Ariete ». Bir-Hakeim encerclé de trois côtés, est isolé du gros des forces britanniques.  La position ne subit cependant plus que des incursions isolées de l'ennemi, auxquelles les Français répondent le 28 et le 29 mai par des sorties.  Finalement le 30 mai, l'ennemi bat en retraite, abandonnant quarante-trois chars, huit automitrailleuses, de nombreux véhicules ; les Français ont fait 180 prisonniers.  L'excellente tenue au feu de la 1ère  DFL a fait échouer le plan Rommel et l'a empêché de tourné par le sud la ligne de défense britannique.  Le bilan de la bataille pour les Français est si faible qu'il semble incroyable 3 blessés légers !
Mais Rommel contre-attaque.  Dans la nuit l'ordre est donné à la brigade de demeurer à Bir-Hakeim et de résister sur place.
Le mardi 2 juin, à 9h3O, une colonne ennemie de plus de 1 000 véhicules apparaît devant Bir-hakeim.  Une ambassade conduite par deux officiers italiens se présente alors, sommant au nom du général Rommel et d'un général italien, la garnison encerclée, de capituler.  Le général Koenig refuse.  Une heure après, les premiers obus de 105 mm tombent sur la position.
Pendant neuf jours, la garnison française va subir la pression d'un ennemi très supérieur en nombre et en armement.  Rommel a en effet concentré sur Bir-Hakeim deux divisions motorisées, la 90ème  division allemande et la division italienne « Triestre ».
A deux reprises encore, Rommel envoie un ultimatum.  A deux reprises le général Koenig lui oppose un refus net, on ne se rendra pas.
Le samedi 6 juin, après une intense préparation d'artillerie, concentrée sur le sud, l'infanterie ennemie attaque vers 13h en direction du fort.
Elle est repoussée, mais l'étreinte se resserre.  Au cours de la journée du 7 juin, les patrouilles opérant dans le « V » ont dû rentrer : l'investissement est devenu complet.
Quand un convoi, au matin du 8 juin, conduit par des chauffeurs français tous volontaires, parvient à rompre l'encerclement pour ravitailler la position, il ne fournit des aliments à la brigade que jusqu'au 11 juin et sur la base de deux litres d'eau par jour et par homme !  C'est peu pour une journée en plein soleil, en plein désert.  Malgré la fatigue, une alimentation défectueuse : une boite de corneed-beef avec des biscuits avalée quand ils le peuvent, malgré les blessures, les Français tiennent.  Ils subissent le 8 juin une attaque de 12 heures sans un instant de répit ; ce jour là l'ennemi s'empare de l'observatoire d'artillerie au nord-ouest, les Français l'ont défendu jusqu'au bout.  Grâce à cet avantage, l'ennemi peut progresser au nord.  Le 9 juin, dix chars atteignent le champs de mines, les combats par moment se font au corps à corps.
A 17h, ce mardi 9 juin, le commandement allié a fait demander à Koenig dans quelles conditions il serait possible d'évacuer Bir-Hakeim.  La place devait tenir dix jours, elle tient depuis quatorze jours, sa résistance n'est alors plus jugée essentielle pour le développement général du plan de bataille.  Pour des raisons techniques, l'ordre d'évacuation, n'est communiqué à la brigade que le 10 juin à 17h.  Il est terrible dans sa simplicité : il faut briser l'encerclement et s'ouvrir de vive force un chemin au travers des lignes ennemies.
C'est en file par un que les véhicules quitteront le camp, vers minuit après que l'on ait détruit tout le matériel restant sur place, et que l'on ait enterré les morts... Dès la manoeuvre repérée, s'engage un combat farouche, au corps à corps.  A 5h, les 2/3 de l'effectif ont été arraché à l'encerclement ennemi.  L'une des plus grandes batailles de l'histoire militaire française s'achève, elle a vu une garnison de 3 600 hommes résister à une division blindée puis à deux divisions motorisées.  Bir-Hakeim, outre son intérêt militaire et stratégique immédiat, a de façon admirable « réouvert avec éclat le livre des fiertés nationales, clos depuis l'armistice de 1940, où la France à de tous temps, inscrit les titres de gloire de ses soldats » pour reprendre l'ordre général envoyé par le général Catroux aux héros de la 1ère Brigade.  Désormais, le monde entier sait qu'il y a des Français qui combattent l'Allemagne et ses alliés, et qui les combattent avec une vaillance et une efficacité qui ne fait plus de doute.  Comme l'écrivit le général de Gaulle : « quand, à Bir-Hakeim un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France ».









 
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