L'équation relative au moral des soldats - Bir-Hakeim

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L'équation relative au moral des soldats

MEDIATHEQUE

La folle équation qui calcule le moral des soldats

Le Monde.fr | 28.05.2014 à 16h55 • Mis à jour le 28.05.2014 à 17h22 | Par Nathalie Guibert

Le moral des armées françaises n'est pas fameux, en raison des restrictions budgétaires et des réformes nombreuses qui secouent l'institution depuis plus de dix ans. Aussi, pour mesurer l'état d'esprit de ses troupes, la défense a-t-elle établi des indicateurs, surveillés comme le lait sur le feu par la hiérarchie. Or, ces thermomètres, non seulement ne valent pas grand-chose, mais seraient « faussement rassurants », selon les experts du Haut comité d'évaluation de la condition militaire, mis en place en 2005.
Ces experts bénévoles viennent, pour leur huitième rapport annuel, d'enquêter sur les lacunes de l'administration des personnels des armées. Leur travail, rendu public mardi 27 mai 2014, contient une étonnante révélation, à elle seule de nature à déprimer un peu plus ceux qui affrontent des pénuries de rangers, des toilettes hors service ou des casernes sans chauffage, tous tracas du quotidien rangés au chapitre du « soutien » : pour l'armée, le moral se calcule comme la résistance des matériaux d'une carlingue d'avion de chasse, au moyen d'une folle équation mathématique. La voici :




Cet « I2M », pour « indicateur de mesure du moral », a été rénové en 2010. Il fait partie des instruments censés mesurer la satisfaction des militaires sur 31 sujets, couvrant leurs conditions de travail (alimentation, charge de travail…) et de vie (logement, loisirs, rémunération…), la qualité de leur parcours professionnel (notation, mobilité…), et l'environnement de la défense (la communication externe, par exemple). « Si les résultats de ces indicateurs sont plutôt positifs dans l'ensemble, ils restent néanmoins incomplets voire faussement rassurants », écrit le Haut Comité.

Ses enquêteurs ont sagement complété les données des armées en rencontrant quelque 360 militaires de tous grades au cours de tables rondes. Il en ressort des « inquiétudes », des « doutes », et une « crédibilité de l'institution entamée ». Depuis 2008, les armées ont absorbé la création des « bases de défense », de nouvelles circonscriptions administratives plus lointaines, d'apparence moins efficace. Elles ont encaissé la révision générale des politiques publiques, qui a supprimé déjà près de 50 000 postes. Puis elles ont essuyé la tempête Louvois, ce logiciel défectueux de calcul de la solde, qui a touché depuis deux ans des dizaines de milliers de soldats et gradés, trop ou pas assez payés selon les mois. Aucune autre institution n'a subi une telle accumulation, ont déjà constaté d'autres experts.



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