La défection d'un officier de la DGSE - Bir-Hakeim

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La défection d'un officier de la DGSE

MEDIATHEQUE

Envoi de Pierre jacquet - Vercors


Les données

Un officier d’origine arabe (donc a priori musulman), probablement parachutiste passé par le COS puis affecté à la DGSE, visiblement au SA (guérilla, spécialiste des explosifs), aurait fait défection et rejoint AlQaida en Afghanistan, puis en Syrie au sein d’une cellule de 5 hommes qui opéraient à partir de la mosquée d’Idlib. Son identité est gardée hermétiquement secrète, bien que deux sources officielles aient donné son nom au journaliste... Un strike américain aurait été organisé spécialement pour l’éliminer avec pas moins de 47 missiles de croisière...

Le storytelling

Décrit comme « le défecteur de plus haut rang jamais passé dans le groupe terroriste » (ce qui suppose qu’il y en a eu d’autres ?), sa défection est considérée comme « l’un des développements les plus dangereux dans la longue confrontation entre l’Occident et al Qaida... »   (the highest ranking defector ever to go over to the terrorist group and called his defection one of the most dangerous developments in the West’s long confrontation with al Qaida)

Il serait membre du groupe Khorasan, unité spéciale sortie récemment du chapeau de l’oncle Sam comme un nouvel épouvantail qaïdiste. (Khorasan group, a unit of top-level terror operatives who had been dispatched to Syria to plot attacks on the West).

Il aurait fait défection alors qu’il était dans le renseignement militaire ou bien à la DGSE. Fruit de l’entraînement des services de renseignement et des groupes terroristes, il est présenté comme éminemment dangereux. On ne sait pas si c’était un agent dormant ou s’il s’est radicalisé. Il s’agit d’un cauchemar épique dont nous avions jusque là été préservés...

Commentaire : l’histoire est dramatisée et fait appel aux clichés de la guerre froide sur les défecteurs. On est en plein Le Carré, avec suffisamment d’artifices rhétoriques pour ancrer une représentation cohérente. Mais c’est justement trop cohérent pour ne pas être artificiel. La défection type guerre froide obéissait à des codes spécifiques. Essayez d’entrer en contact avec les fous du Jihad en disant que vous êtes de la DGSE et que vous souhaitez faire défection. Vous finirez plus opportunément otage, avec une bonne valeur marchande, que chef de cellule combattante. Au mieux, vous serez plus utile comme agent double que comme spécialiste des explosifs... Il ne faut quand même pas sous-estimer les jihadistes.

Les sources

« Des gens qui connaissent l’identité et les mouvement du défecteur »

« Deux officiels européens du renseignement »

« 4 agents de renseignement européens de pays différents, dont l’un décrit l’existence de l’officier français comme « absolument top secrète »...

« Deux sources européennes du renseignement »

« Un officiel du renseignement d’un 3e pays qui dit que sa connaissance de la situation découle uniquement de conversation, pas d’un briefing officiel... »

Commentaire : pour un affaire supposée top secrète et donc traitée avec la plus grande discrétion au sein d’un service comme la DGSE, cela fait tout de même beaucoup de monde au courant dans les couloirs virtuels de la non moins virtuelle communauté européenne du renseignement. En outre, les témoignages oscillent entre info de première main et ragot de cantine. Il faut savoir au passage que les agents de la DGSE opèrent sous identité fausse et qu’au sein même du service ils adoptent des prénoms, habitude héritée de la Résistance. On ne voit donc pas comment des « officiels » européens ou américains pourraient connaître l’identité d’un tel officier.

Les auteurs de l’article

Mitchell Prothero : envoyé spécial à Beyrouth, lieu de tous les ragots, de toutes les rumeurs, véritable poubelle informationnelle où se croisent espions, barbouzes, agents d’influence ou simples mythomanes.

Roy Gutman a été vivement critiqué pour ses méthodes journalistiques douteuses, au point que certains de ses confrères ont demandé que lui soit retiré son prix Pulitzer.

Le média

McClatchy est le genre de média qui peut servir de relai à une rumeur orchestrée à Washington. L'affaire des fuites concernant des conversations entre les responsables d'alQaida montre que le journal a des liens avec le monde du renseignement US.

Conclusion : trop de flou concernant les sources, une diffusion fantaisiste de ce qui est décrit comme un secret absolu, un storytelling surdramatisé pour un personnage à la John Le Carré, mais qui ne tient pas la route face à la paranoïa des groupes jihadistes. Pour un agent de la DGSE, taper à la porte des jihadiste revient à se suicider purement et simplement. Il semble bien que cette fuite médiatique ait été organisée par les apprentis-sorciers des psyops états-uniennes. A moins que ce ne soit un billard à deux bandes orchestré par Moscou via les services syriens ? Dans le Grand Jeu moyen-oriental, tout est possible...






Un agent de la DGSE passé chez les terroristes ? Bigre!

par Frank Bulinge




Selon le site de presse américain McClatchy, les militaires américains auraient pris pour cible un ancien agent de la DGSE ou membre des forces spéciales françaises qui serait passé dans le camp d’Al Qaida... Le ministère français de la défense a démenti cette information, tandis que le quai d’Orsay et la DGSE se refusent à tout commentaire.

L’information a de quoi surprendre : un transfuge passant du côté obscur de la force, cela tient d’un roman de Le Carré. Si l’on accepte assez bien l’idée qu’un jihadiste puisse être retourné et manipulé par les services de renseignement, l’inverse est tout simplement renversant...

Reste à savoir ce qu’on entend par « agent ». En principe, un agent stricto sensu est considéré à la DGSE non comme un fonctionnaire (appelé officier) mais comme un élément humain faisant l’objet d’un suivi par un officier traitant. Dans ce cas, il peut s’agir d’un jihadiste retourné, ou bien d’un agent recruté et infiltré en qualité de source humaine. Ce type d’agent est éminemment fragile et vulnérable, la difficulté étant de le maintenir dans le bon camp sans qu’il soit compromis. En cas de compromission, il peut être soit exécuté comme traître, soit retourné comme agent double.

Une autre possibilité pourrait être le cas de l’agent recruté parmi les membres de l’armée syrienne libre et formé par la DGSE (ou les forces spéciales) et qui change de camp. Dans ce cas, on peut supposer que cette personne est venue en France et a bénéficié d’un stage de formation dans l’un des camps d’entraînement de la DGSE. Le cas est assez fréquent, comme le montre l’ouvrage de Jean-Christophe Notin, La guerre de l’ombre des Français en Afghanistan (Fayard, 2011).

En revanche, l’hypothèse d’un officier de renseignement passé chez l’ennemi semble très improbable. En effet, le système de recrutement, de formation, de sécurité et d’endoctrinement des services de renseignement, même s’il ne peut garantir un risque zéro, ne laisse pratiquement aucune marge à une trahison de cette nature. Si tel était le cas, l’affaire serait évidemment très grave puisqu’elle révèlerait une faille de sécurité et mettrait en danger les officiers et agents qui auraient pu être en contact avec le traître. Autant dire que dans ce cas, tout serait mis en œuvre pour le neutraliser, y compris avec l’aide des Américains...

Pour finir, il ne faut jamais exclure la possibilité d'une manoeuvre de destabilisation contre la DGSE, surtout dans le théâtre d'ombres du Grand Jeu moyen-oriental. Aux dames chinoises, les alliances fluctuent au gré des opportunités stratégiques...


COMMENTAIRE

Millour Jean 4/3
jean.millour@sfr.fr 
Moralité: Personne n'en sait rien, et on ne le saura jamais!!!!!!!!!!! Pas la peine de faire un article pour ça! Coluche doit bien en rire!!!!!!!!!
 
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