La Russie notre alliée - Bir-Hakeim

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La Russie notre alliée

MEDIATHEQUE
Envoi d'Alain Bassot
Si seulement les socialistes pouvaient se laisser influencer par les idées de ce conseiller politique de Mitterrand !


LA RUSSIE DOIT ÊTRE NOTRE ALLIÉE

Une fois de plus, nous pouvons être entraînés dans une guerre absurde, contre ceux qui devraient être nos alliés dans d'autres combats, infiniment plus importants. Il est en effet totalement aberrant de se poser en défenseur d'un gouvernement ukrainien aussi incohérent que les précédents, incapable de proposer un programme de reconstruction de l'Etat et qui ne trouve pas mieux, pour exister, que de réaffirmer que le russe, langue maternelle d'une partie significative de sa population, n'est plus langue nationale. Alors faut-il s'indigner de voir la Russie se poser en défenseur des droits de ces minorités ? Nous opposerions-nous aux Hollandais s'ils volaient au secours des Flamands à qui un gouvernement belge aurait interdit de parler leur langue ? Et nous, Français, ne réagirions-nous pas si le gouvernement suisse interdisait à ses citoyens de parler le français ? Si l'Ukraine ne veut pas donner à ses russophones un statut décent, il est normal que ceux-ci veuillent l'obtenir et qu'ils appellent à l'aide la Russie voisine, où beaucoup d'entre eux se sont déjà réfugiés. Ne nous laissons pas entraîner par ceux qui prétendent que la Russie voudrait ensuite se saisir de la Pologne ou des pays Baltes, en réalité invulnérables parce que membres indéfectibles de nos alliances. Né nous laissons pas non plus entraîner par ceux qui décrètent inviolables les frontières de l'Europe quand cela les arrange, mais ne se sont pas opposés à la sécession de la Slovaquie, à la partition de la Yougoslavie, ni même au redécoupage des frontières lors de la naissance du Kosovo ! Enfin, le conflit qui menace désormais avec la Russie pour la défense d'un gouvernement ukrainien incompétent est d'autant plus absurde que nous avons bien des combats essentiels à mener en commun avec les Russes.

Ne voit-on pas que le terrorisme fondamentaliste tente de s'organiser en un Etat islamiste unique, qui irait du Nigeria à la Tchétchénie, en passant par le Mali, la Libye, la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan et une partie du Pakistan ? Ne voit-on pas que ce qui se joue avec le terrorisme en Europe renvoie en écho à cette même bataille ? Ne voit-on pas que les compétences de l'armée russe en matière de lutte antiterroriste nous seraient fort utiles dans cet affrontement majeur ? 

Un front commun nous unit à Moscou contre le fondamentalisme islamiste
La France doit donc pousser les Européens à se dégager de l'influence, ici délétère, de ceux qui, aux Etats-Unis et en Europe, en particulier en Pologne, continuent de confondre Poutine avec Hitler. Et de ceux qui, comme dans les organes de direction de l'Otan, sont heureux d'inventer un ennemi imaginaire pour justifier leur existence. Il est urgent de proposer à nos partenaires européens de parler à la Russie comme à un allié potentiel et non comme à un ennemi imaginaire. C'est d'ailleurs la seule façon de pousser ce pays vers la démocratie. Il est, en conséquence, tout aussi urgent de repenser notre loi de programmation militaire, ainsi que nos stratégies de défense. La France est l'un des rares pays au monde à maîtriser la dissuasion nucléaire, les opérations spéciales et la projection de forces conventionnelles pour entrer en premier sur un théâtre. Elle est, en outre, le seul pays d'Europe à posséder un porte-avions nucléaire. Mais son effort de défense n'est pas adapté à la nature des menaces à venir, et il décline depuis 1995 (avec notamment une baisse de 30 % des effectifs en vingt ans)

L'opération Serval, au Mali, a ainsi révélé les failles de nos équipements de renseignement (drones), de logistique (transporteurs) et de ravitaillement en vol, où certains de nos matériels sont en service depuis plus de cinquante ans ! Alors que nous dépensons des sommes invraisemblables, depuis trop longtemps, afin de maintenir la chaîne de production du Rafale, au seul bénéfice de l'entreprise qui le produit. Tout cela est à repenser. D'urgence. Il faut pour cela, en toute priorité, discuter, au Parlement, de notre vision du monde et de ses menaces. Beau débat. Bien plus intéressant et important que tous ceux qui agitent aujourd'hui notre classe politique. 


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