Le symbole d'une France renaissante - Bir-Hakeim

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Le symbole d'une France renaissante

L'HISTOIRE

BIR HAKEIM
(26 mai-11juin 1942)
Le symbole d'une France renaissante

 

Au printemps 1942, le monde apprend qu'à Bir Hakeim, quelque part en Cyrénaïque, aux confins du désert de Libye, des soldats de la France Libre, commandés par le Général Koenig et engagés au sein de la 8ème Armée Britannique, étaient en train de se distinguer en tenant en échec pendant quinze jours les forces Italiennes et Allemandes de l’Axe.
Deux ans après la malheureuse campagne de France de 1940, où le prestige de l'armée française avait été durement éprouvé, c’est la première fois que des forces allemandes et françaises s’affrontent directement sur le terrain. La personnalité de  Rommel, qui conduit les forces ennemies, rehausse le résultat de la confrontation. Nous tenons de la plume même de Rommel le récit des furieux combats qu'il dut diriger en personne face à la résistance des Français à Bir Hakeim.
Bir Hakeim a un retentissement considérable dans la communauté française, au sein de la France libre, de la France d’Outre-mer, sur le territoire national, malgré la tendance des organes officiels à éluder ce sujet délicat, et bien au-delà…. « Le monde a reconnu la France, quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats » télégraphie le Général de Gaulle le 18 juin 1942 au Général Koenig.
Bir Hakeim a aussi une importance significative pour les Alliés. La résistance de la 1ère BFL a permis à la 8ème Armée de préserver son potentiel, d’user l’adversaire, de gagner les délais nécessaires à l'acheminement de renforts, et, malgré la rétrocession de Tobrouk aux forces de l'Axe fin juin, de donner quelques semaines plus tard à El Alamein un coup de frein décisif à la poussée victorieuse de l'Afrika Korps. 

Le site de Bir Hakeim ne présente aucun intérêt stratégique : ni carrefour, ni point de passage obligé, ni ouvrage significatif à défendre. Quelques ruines d’un fortin ottoman, remanié par la garnison italienne, marquent l’endroit au milieu d’un site plat, désertique et lugubre, dépourvu de la moindre végétation et battu par les vents de sable. Les débris de vieilles citernes ensablées, baptisés Les Mamelles, rappellent à l’arrivant que l’eau vient de Tobrouk et que le « bir » est à sec depuis longtemps…

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Ordre général n°1
du Général de Brigade KOENIG
en date du 15 juin 1942 
 
Officiers, Sous-officiers, Hommes de troupe de la 1ère Brigade des Forces Françaises Libres :
Vous aviez reçu la mission de tenir sans faiblir la position de Bir Hakeim, bastion sud de la défense en Libye.
En quinze jours de combats presque ininterrompus, vous avez décimé des forces importantes ennemies d’infanterie, détruit au canon 50 chars, 15 voitures blindées, de nombreux véhicules de tous modèles, abattu sept avions et capturé au cours de vos sorties 154 prisonniers italiens et 125 prisonniers allemands.
Mis en rage par votre défense agressive qui déjouait ses plans, l’ennemi augmentait sans cesse les forces destinées à vous exterminer et, pendant les trois derniers jours, ses attaques menées avec des troupes fraîches se multipliaient, ses tirs d’artillerie augmentaient d’intensité, ses attaques aériennes prenaient une ampleur inaccoutumée : la dernière, menée le dix au soir, comprenait six vagues de vingt bombardiers lourds.
Par trois fois, il m’avait sommé de rendre la place, pour éviter, paraît-il, notre destruction. Mais j’étais sûr de vous. J’ai répondu courtoisement mais fermement à la première sommation par un refus. Je n’ai même pas répondu aux deux autres, et il s’est couvert de ridicule.
Car, lorsque notre mission a été terminée, le Général commandant la VIIIème Armée Britannique m'a donné l'ordre de rejoindre son armée.
Dans la nuit du 10 au 11 juin, la Première Brigade s'est ruée, les armes à la main, sur les lignes d'investissement ennemies, les a percées après un combat furieux de quatre heures. Elle est rentrée avec 75% de ses effectifs, de son armement et de son matériel, 200 de ses blessés, laissant derrière elle, au moment du départ, ses positions intactes.  
Bir Hakeim est une victoire française.
Je salue nos morts, nos frères d'armes tombés dans les combats et dont le souvenir très pieux nous soutiendra dans nos luttes prochaines.

Le Général de Brigade Koenig
Cdt la 1ère Brigade Française Libre. 


  

The Symbol of French Renaissance. 

In the spring of 1942, the world learned that a major battle took place somewhere in Cyrenaica, where, for fifteen days, Free French Forces under General Koenig’s command as part of the British 8th Army held the German and Italian Axis Forces.
This was the first time that German and French forces had opposed each other since 1940. The Commander of enemy forces, Colonel General Rommel, has written of the fury of the fighting at Bir Hakeim that forced him to direct operations personally.
The repercussions among the French community both overseas and at home, despite the silence of official organisations, were considerable. On the 18th June 1942, General de Gaulle signalled General Koenig “The world has recognised the rebirth of French glory on the bloody faces of its soldiers at Bir Hakeim”. 
Bir Hakeim was a battle of significant importance to the Allies. The 1BFL action had protected the Allied southern flank thereby allowing the 8th Army to remain intact and, several weeks later, defeat the Afrika Korps at El Alamein.

           
Brigadier General KOENIG’s  general Order n° 1
dated 15th June 1942 
Officers, Non-Commissioned Officers and Soldiers of the 1BFL : 
Your orders were to hold the Bir Hakeim southern defence bastion in strength. 
In fifteen days of continuous fighting, by destroying 50 tanks, 15 armoured cars, numerous vehicles of all kinds, shooting down 7 aircraft and, in the course of your sorties, taking 154 Italian and 125 German prisoners, you decimated far larger enemy infantry forces. 
           Strung by your aggressive defence that thwarted its plans, the enemy reinforced his forces without cessation and, in the last 3 days, deployed fresh troops in order to destroy you by the intensity of his artillery and weight of his aerial bombardments; the final attack, on the evening of the 10th, comprised six waves of 20 heavy bombers.  
Three times I was summoned to surrender to avoid your destruction. But I had confidence in you. I politely but firmly refused the first summons but did not deign to reply to the other two and made him look ridiculous. 
Our mission ended when the General Officer Commanding the 8th Army ordered me to rejoin his Army. 
On the night of the 10th and 11th June, with weapons in your hands, the 1st Brigade cut successfully through the besiegers’ lines during a furious four hours action. The 1st Brigade returned with 75% of its men, weapons and equipment, leaving 200 wounded men behind and its positions intact.  
Bir Hakeim was a French Victory. 
I salute our dead, our brothers in arms fallen in battle whose blessed memory will sustain us in our battles to come.  

Brigadier General Pierre KOENIG
Commander of the 1st Brigade Française Libre







 
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