Les Moines de Tibhirine - Bir-Hakeim

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Les Moines de Tibhirine

MEDIATHEQUE
On savait depuis de nombreuses années, de sources sérieuses et concordantes, que Djamel Zitouni, le petit chef du GIA qui a revendiqué au printemps 1996 l’enlèvement puis l’assassinat des sept moines français du monastère de Tibhirine, était manipulé par les services de renseignement de l’armée algérienne (DRS). Il est d’ailleurs dans la logique des choses qu’un Etat né lui-même du terrorisme FLN soit dénué de tout scrupule et redoutablement expert en ce type de manipulation…
Les derniers rebondissements de l’affaire viennent confirmer cette interprétation. “En refusant que Le juge Trévidic examine, en Algérie ou en France, les prélèvements effectués sur les têtes des moines, Alger confisque des pièces clé de l’enquête.

Une attitude d’autant plus troublante que les premiers éléments recueillis par les experts français tendraient à contredire la version officielle sur deux points clés : “La date de la mort : l’examen des crânes laisserait penser qu’il s’est passé plus que 8 jours entre la date de la mise en bière des crânes (au plus tard le 29 mai 1996) et la date de la mort (officiellement, le 21 mai 1996, selon le communiqué signé GIA). En clair, les moines ont vraisemblablement été tués AVANT le 21 mai 1996.

“Les causes de la mort : l’examen des crânes laisserait penser que les moines ont été décapités postmortem. Or les autorités algériennes ont toujours affirmé qu’ils avaient été “égorgés”. Là encore, si elles se trouvaient confirmées, ces premières constatations des experts français iraient dans le sens d’une exécution par un autre mode que celui admis jusque là, avec une décapitation post-mortem de nature à accréditer la thèse du crime islamiste. En clair, un maquillage des vraies causes de la mort.” (Jean-Baptiste Rivoire, dzactiviste.info, le 23 octobre 2014).
Dans les années 90, Armand Veilleux, aujourd’hui père abbé de l’abbaye de Scourmont, a bien connu les moines de Tibhirine. Il décrit une communauté sereine et unie dans la décision qu’ils venaient de prendre : celle de rester malgré les dangers de la guerre civile afin de soutenir la population locale. Lui non plus ne croit pas à la thèse soutenue depuis 1996 par le gouvernement algérien : “Je ne crois pas à la thèse officielle qui accrédite le Groupe Islamique Armé comme responsable de l’assassinat des frères. Je me suis rendu sur place, quelques jours seulement après leur enlèvement. Ça n’a rien donné. Tout ce que je sais aujourd’hui, au sujet des notes d’ambassades, des déclarations “off” algériennes et françaises, c’est que ce n’est pas le GIA qui a tué les frères de Tibhirine. Un détail troublant : les frères ont été pris en otages et décapités. Le GIA n’a jamais pris en otage qui que ce soit. D’autres incohérences encore mettent en doute la version officielle.”

L’avocat des familles dénonce une “confiscation des preuves” par les autorités algériennes et une “situation plus inadmissible que jamais au regard du blocage et des entraves que nous avons constamment rencontrés au fil de l’évolution de ce dossier”. Car, en sus de l’impossibilité pour le juge Trévidic d’auditionner une vingtaine de témoins en Algérie, les prélèvements biologiques risquent de se détériorer rapidement. Si ce refus devait perdurer encore plusieurs semaines, alors ce serait “une sorte d’aveu, de reconnaissance d’une implication des services algériens” dans l’assassinat, conclut Me Patrick Baudouin.


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