Nouvelle guerre des nerfs au ministère de la Défense - Bir-Hakeim

Aller au contenu

Menu principal :

Nouvelle guerre des nerfs au ministère de la Défense

MEDIATHEQUE

Nouvelle guerre des nerfs au ministère de la Défense
Par Jean Guisnel


Le Point.fr - Publié le  03/07/2013 à 06:37

Bravo aux spécialistes civils de la condition militaire.....Pour ceux qui connaissent, Mme AVE n'est pas à son coup d'essai !!






Il y a eu de l'ambiance à la dernière session du Conseil supérieur de la fonction militaire entre les militaires et les conseillers de Le Drian.

L'information a été publiée par une lettre confidentielle du groupe de presse Indigo, le 27 juin dernier. Dans La lettre A (accès payant), on apprend qu'une réunion du Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM), instance de concertation sociale suprême dans les armées, s'est très mal déroulée, dépassant franchement les règles couramment appliquées dans la relation entre civils et militaires. On lit notamment dans l'article que "pour emboîter le pas à Bercy et afficher, entre autres, une économie d'une dizaine de millions d'euros par an sur les dépenses de personnel", la conseillère sociale du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian - Anne-Sophie Avé, qualifiée d'"un peu trop techno" - aurait suggéré de "supprimer l'indemnité de garde de week-end et la prime de TAOPM (temps d'activité et d'obligations professionnelles des militaires). Cette dernière s'élève à 85 euros par mois."


Renseignements pris, et selon nos propres sources qui confirment pour une part l'information, cette réunion s'est effectivement tenue dans des conditions particulièrement houleuses, avec des expressions verbales étonnement fortes, dans une véritable ambiance de happening.


Intervention du ministre en personne
De source militaire proche de ce dossier, on explique ainsi la situation : les demandes du cabinet du ministre pour trouver des économies sur la masse budgétaire consacrée au paiement des soldes et des primes ont provoqué une véritable exaspération à l'occasion d'une "pré-réunion" du CSFM, préalable à celle à laquelle devait participer Jean-Yves Le Drian. Les passions sont montées à un tel niveau que des participants auraient exigé "la tenue d'un CSFM extraordinaire en présence du chef des armées lui-même", c'est-à-dire de François Hollande.


C'est le ministre en personne, selon la version qui circule dans les armées, qui aurait désavoué Mme Avé et décidé d'abandonner les mesures envisagées. Un officier très au fait de ce dossier précise : "On se retrouve donc avec un ministre qui a demandé, depuis son arrivée à la tête du ministère, que la concertation soit modernisée et rénovée. Dans ce cadre, il a créé un "groupe de liaison" composé de membres du CSFM, qui a la possibilité de saisir directement le ministre dans un dialogue franc et direct, ce qui est une bonne chose et qui a été très bien reçu par les armées."


Deux colonels sanctionnés ?
Sauf que, toujours de source militaire, des dérapages se sont produits après la réunion. Le cabinet du ministre aurait exigé que le colonel Marc B., qui dirige le bureau Fonction militaire de l'état-major des armées et se trouve à ce titre chargé des relations avec le CSFM, soit retiré de la liste des officiers nommés au Centre des hautes études militaires (CHEM) et de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN) pour l'année 2013-2014. Le même cabinet a également exigé que le colonel Walter L., secrétaire général du CFM-Terre, soit relevé de ses fonctions, le cabinet estimant que l'armée de terre est à l'origine de la contestation. On le voit, l'ambiance est torride et les états-majors entrent de nouveau en ébullition. Pour cet officier exaspéré, "au moment où le CSFM remplit son rôle en toute transparence, dignité mais fermeté, le cabinet lance une chasse aux sorcières punitive. Afin de ne pas être trop voyant, il ne vise pas directement les membres du CSFM, mais les officiers d'état-major qui travaillent avec eux et qui ont toujours cherché à ce que la concertation conserve sa dignité et son caractère réglementaire."


L'indignation du cabinet du ministre
Au cabinet de Jean-Yves Le Drian, on s'indigne des propos rapportés. On affirme que les propositions de suppression de l'indemnité de garde de week-end et de la prime de TAOPM ne sont pas venues d'Anne-Sophie Avé, mais du major général (numéro deux) de l'état-major des armées, le général Pierre de Villiers. On ajoute de même source que ces propositions étaient "nécessaires, car il faut bien trouver des solutions au problème de la masse salariale", mais qu'elles n'avaient été ni présentées au cabinet ni a fortiori discutées avec lui, avant d'être présentées au CSFM. Et d'ajouter : "Quand il y a des problèmes, il est préférable d'en discuter avant. C'est de cette manière que nous avons bloqué d'autres exigences de Bercy, qui souhaite supprimer la réduction SNCF de 75 % pour les militaires ainsi que la gratuité des repas !"




Démenti sur les sanctions

Quant aux demandes de sanctions contre les deux colonels, le cabinet dément formellement : "Nous avons demandé des explications, car nous n'avons pas compris que des mesures proposées par l'EMA soient combattues en réunion du CSFM. Mais nous n'avons jamais exigé de sanctions. Ceux qui peuvent répondre à ces questions se trouvent à l'état-major des armées." Mais les sources militaires consultées sont concordantes : le cabinet a exigé que des têtes tombent. Deux versions qui seront difficiles à concilier. Pour le colonel Marc B., l'éviction du CHEM et de l'IHEDN aurait pu être peu visible : la liste officielle des stagiaires du CHEM - habituellement publiée en avril-mai avec celle des auditeurs de l'IHEDN - est à la discrétion du Premier ministre. Sa publication a donc pris beaucoup de retard. On se demande bien pourquoi !



COMMENTAIRE

 
Copyright 2015. All rights reserved.
Retourner au contenu | Retourner au menu