Pour que vive la France - Bir-Hakeim

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Pour que vive la France

L'HISTOIRE

Pour que vive la France


Aux morts de Bir Hakeim
 Ils dorment dans le silence.
Dans le silence du désert.
C'est plus que le silence ordinaire d'un cimetière.
C'est un silence cosmique.
Cette solitude du désert, affranchie de tout l'instable de la vie,
comme disait Pierre Loti.
 
C'est bien la tombe qu'il leur fallait.
Aux morts épiques, il faut des tombes que seul visite, au coucher du soleil,
 le vent froid du bled.
Ce vent a passé sur leur bataille, il a transporté l'odeur de leur poudre,
il les a aveuglés de son sable, il a vibré de l'écho des explosions.
Lui seul sait.
Il est le témoin tellurique de ce combat qui n'a ressemblé à aucun autre.
 
Car ceux de Bir Hakeim avaient tout sacrifié.
Ils avaient fait à la Patrie un don total.
Ils étaient des séparés, au point que certains de leurs compatriotes ne les reconnaissaient plus.
Ils avaient continué à croire à la Patrie, quand celle-ci semblait ne plus croire en eux.
Le désert moral était plus rude pour eux que le désert physique.
 
Un petit cimetière de village, un petit cimetière de banlieue n'était pas leur affaire.
Ils sont bien les fils de la terre, et c'est pourquoi ils dorment à même le sol,
 sans linceul et sans cercueil.
 
O vent du désert,
soulève un peu de cette poussière qui colle à leurs os
et va la porter au-delà de la mer bleue, au-delà des monts et des vallées,
afin que tous les grands soldats de France la voient, cette poussière.
 
O morts de Bir Hakeim,
vous reposez seuls au milieu de vos trophées et des instruments de votre martyre,
au milieu des restes de la mitraille et des chars ennemis que vous avez arrêtés.
Vous restez dans la bataille…car la bataille continue…
 
La grande stèle dresse la Croix de Lorraine sur ces arpents de terre nue,
et quand son ombre s’allonge, au déclin du soleil, le vent du soir, courant sur les asphodèles et susurrant dans les barbelés, souffle à l’oreille du pèlerin qui s’attarde :

Passant, va-t’en dire à Lutèce
que deux cents braves sont morts ici
pour que vive la France 
d’après le Révérend Père Charles Alby

To the dead at Bir Hakeim

They sleep in silence,
The silence of the desert.
Not the silence of an ordinary cemetery.
It is an all-consuming silence.
This desert solitude that releases the instability of life,
As described by Pierre Loti.
It is a good tomb for them,
Graves of epic dead that are visited once, lie under the sun,
Under the chill wind of this godforsaken place.
This wind that blew through their battle, carrying the smell of their powder,
Blinding them with sand and vibrating to the sound of their explosions.
Only IT knows.
Of a battle unlike any other, IT is the only earthly witness.
Because those at Bir Hakeim had given their all,
A sacrifice for their country,
They were men apart to the point where certain compatriots no longer recognised them
Their belief they carried beyond that no longer held by their country.
To them the moral desert was more harsh than the physical desert.
A small village cemetery, a small suburban cemetery was not for them.
They are good sons of the soil
And it is to the soil that they have returned with neither shroud nor coffin.
O wind of the desert,
Blow a little of the sand that sticks to their bones
And carry it over the sea, over the mountains and the valleys,
So that the great soldiers of France can see it,
This powder.
O dead of Bir Hakeim,
You lie alone amongst the trophies and instruments of your martyrdom,
Amongst the remains of the enemy machine-guns and tanks that you stopped.
You remain part of the battle for the fight goes on.
The great Cross of Lorraine stands as a monument over these empty acres,
And, when the shadows lengthen at the going down of the sun,
The evening wind runs through the flowers and whistles through the barbed wire,
And whispers in the ears of the pilgrims who linger:
Passer-by, go and tell them in Lutecia
That two hundred brave men lie dead here so that France may live.
 
 d’après le Révérend Père Charles Alby

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Exposition préparée par le Général Alain Magon de La Villehuchet pour la Promotion BIR HAKEIM de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr (1961-1963)







 
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