Quenault - Bir-Hakeim

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Quenault

IN MEMORIAM

A  QUENAULT




ELOGE  FUNEBRE   

du Colonel QUENAULT  

Prononcé par le Général de corps d'armée Jean-Pierre KELCHE  

le 25 septembre 1996  

  

Mon cher QUENAULT, Cher Jean Pierre  
 
Nous voici réunis, aujourd'hui, pour te dire adieu, tes camarades de la Bir Hakeim, tes chefs, tes subordonnés, tes amis, quelques-uns de ceux qui ont fait tout ou partie du chemin avec toi...

Nous voici réunis. aussi, autour d'Isilde et d'.Axel. pour leur dire qu'ils ne sont pas seuls en ce moment si douloureux...

Avant de laisser chacun d'entre nous se recueillir au plus profond de son cœur, je voudrais te dire combien nous avons souhaité, ces derniers mois, pouvoir t'aider et partager avec toi une partie de ce que tu endurais.
Mais nous savions, toi comme nous, que ce combat contre la maladie passait par une indifférence feinte, de ta part, et une complicité silencieuse, de la nôtre.
Ainsi, nous t'avons vu, jour après jour, fidèle au poste, maintenir tes activités et assurer jusqu'au bout les responsabilités qui étaient les tiennes.  
Aujourd'hui, la maladie l'a emporté, mais jusqu'au dernier moment, tu as choisi de lutter, préférant le risque d'une intervention lourde, à celui d'un déclin continu de tes forces.
Cette volonté ne saurait étonner ceux qui te connaissent, ceux qui se souviennent de ta vie militaire exemplaire.

Entré à Saint-Cyr, très jeune - à peine 19 ans - tu choisis d'abord de servir dans les troupes aéroportées, au 9ème  Régiment de chasseurs parachutistes, avant de te tourner, cinq ans plus tard, vers la montagne et ses défis.
Et c'est désormais dans les unités alpines que tu donneras la pleine mesure de tes qualités sportives et humaines, que ce soit au 159ème Régiment d'infanterie alpine, au 13èm Bataillon de chasseurs alpins ou au 7ème de Bourg-saint Maurice que tu auras l’honneur de commande, de 1988 à 1990.  

Partout, tu laisseras le souvenir d'un officier exceptionnel et d'un montagnard chevronné, animé d'un sens aigu du devoir, sachant s'imposer autant par son autorité naturelle que par sa connaissance des hommes et dit milieu.

                      Mais la  montagne n'était, pour toi, qu'un horizon parmi d'autres.    Parachutiste, alpin, instructeur commando, tu ne négligeras pas, pour autant, les autres aspects de ta carrière.  

En 1977,détaché pendant un an à Fort Benning, l’école d'infanterie américaine, tu fais l’admiration de tes instructeurs et de tes pairs, méritant du commandant de l’école le qualificatif "d'excellent Ambassadeur de la France parmi les stagiaires ».  

Par la suite, ce goût et cette aptitude pour le contact avec nos alliés, cette parfaite maîtrise de la langue anglaise furent, pour toi et pour notre armée, de précieux atouts, à de multiples reprises  

               Ce sera le cas au Liban, dans le cadre d’une mission au sein de la FINUL, en 1978.

               Ce sera encore le cas, dès la sortie de l’Ecole supérieure de guerre, dans une première affectation en état-major opérationnel, à la 7ème division blindée, à Besançon, puis, plus tard, au 3ème corps d’armée, à Lille, comme chef du bureau Emploi.

        Ce cursus militaire qui ,aurait suffi à satisfaire le plus grand nombre d’entre nous, tu le compléteras en servant, à deux reprises, dans des postes de hautes responsabilité à l’administration centrale, à l’état-major de l’armée de terre, d’abord, de 1984 à 1988, puis ,jusqu’à ces derniers jours, à l’Etat-major des armées, où tu auras, entre autres fonctions, assumé le commandement de la division Emploi pendant six mois.   

Tu nous quittes aujourd'hui.

Tes dernières années n'auront sans doute pas été aussi heureuses que   pouvaient le laisser croire ton humeur toujours égale, l’humour froid de tes commentaires sur les grandes affaires du moment ou le regard ironique que tu posais parfois sur les choses ou sur les gens

Cela aussi faisait partie de toi.  

Et il est bon que ce soit cette image que nous gardions de notre camarade même si, quelquefois, nous comprenions que cette image ne reflétait qu’une partie de la réalité.  

Nous savons Ia place qu'Isilde et Axel ont tenue dans ton dernier combat et nous partageons aujourd’hui leur immense chagrin.  
Mais nous savons aussi qu'ils ont hérité de toi la volonté, la force et, surtout, la petite flamme qui permet de surmonter toutes les épreuves.   

Tu en as donné l'exemple.

Au nom de tous ceux qui t'ont connu et tant estimé,

je te dis adieu.


 
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