2 juin - Bir-Hakeim

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2 juin

L'Histoire
Mardi 2 juin

Vers neuf heures trente, une très forte colonne ennemie de plus de mille véhicules avec des chars et des automitrailleuses fut signalée, venant du Nord-Est.
Pour la seconde fois le Général Rommel avait pris l’offensive. L’ordre venait d’être à peine donné de fermer les portes que les premières automobiles blindées allemandes apparaissaient sur la crête à l’Est du camp.
A proximité, un convoi britannique était arrêté depuis le matin ; quelques uns des camions anglais se dirigèrent à toute vitesse vers la porte Est ; six purent passer à temps et trouver refuge dans le camp ; le reste du convoi fut capturé par les automitrailleuses ennemies dont les projectiles commençaient déjà à tomber dans la position, soulevant à leur point de chute un petit nuage gris jaunâtre.

Dans Bir-Hakim chacun était à son poste de combat ; l’ennemi allait-il renouveler une attaque par les chars ? Avec le souvenir tout frais du succès de la semaine précédente, les hommes de la brigade étaient parfaitement confiants dans l’issue d’un nouveau combat. En fait aucun char n’apparut, mais une automobile qui portait un drapeau blanc. Deux officiers italiens en descendirent et demandèrent à être reçus par par le commandant de la place. Ils furent conduits au Quartier Général. Le général Koenig sortit de sa tente, une canne en jonc à la main. Raidi dans un garde à vous impeccable, l’un des officiers lui tint un discours en italien, langue inconnue du général qui ne comprit que quelques mots : « Rommel… circumdati… exterminati…capitulare ». IL n’en fallait pas d’avantage pour saisir de quoi il s’agissait. Au nom du général Rommel et d’un général italien, dont le général Koenig ne put pas comprendre le nom, les parlementaires sommaient la garnison de Bir-Hakim, qui était encerclée, de capituler. En cas de résistance, la garnison serait exterminée. Le Général Koenig répondit, d’un ton courtois, mais ferme, qu’il n’était pas question pour la brigade de se rendre sans combattre. « Vous êtes de grands soldats », répondit toujours en italien l’un des deux parlementaires, qui furent reconduits à la porte du camp où ils remontèrent dans leur voiture.

Une heure après, les premiers obus de 105 tombaient dans Bir-Hakim , et au bruit sourd de leur éclatement se mêlait le claquement sec des 75 qui tiraient sur les concentrations de véhicules qui s’installaient vers l’Est en direction de Bir Serrara et d’El Igela, la plupart à une distance suffisante pour demeurer hors de la portée des canons français. En quelques points de la crête, des colonnes de fumée noire montaient vers le ciel et témoignaient de la précision du tir de l’artillerie qui attaquait sans relâche tous véhicules ennemis qui s’aventuraient trop près.

Vers une heure de l’après-midi, un vent du Sud assez fort commença à souffler et Bir-Hakim disparut sous des nuages de sable. Il devenait impossible de régler les tirs d’artillerie par suite du manque de visibilité et la journée se passa lourde d’attente, jusque vers sept heures du soir où l’on entendit le bruit de moteurs d’avions. Ils étaient trente qui tournoyaient dans le ciel, ne parvenant pas à repérer leur objectif perdu dans les tourbillons de poussière. Ils finirent par le trouver après vingt minutes de recherches et ce fut le vacarme des grosses bombes. Sans doute mise en appétit, l’artillerie ennemie se réveilla et arrosa jusqu’à la nuit.
A ce jour, 140 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
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