6 juin - Bir-Hakeim

Aller au contenu

6 juin

L'Histoire
Samedi 6 juin


L’ennemi a déclenché aujourd’hui sa première attaque. Elle a débuté à onze heures trente par une intense préparation d’artillerie. Après avoir copieusement arrosé d’obus de tous calibres toute la position, les batteries adverses ont concentré leurs tirs sur le secteur Sud, et vers treize heures, l’infanterie a attaqué en direction du fort. On entend maintenant le crépitement des armes automatiques se mêler au sifflement des obus qui pleuvent sans arrêt de tous côtés.

Pour les 105 et les 88, il est impossible de distinguer le coup de départ du coup d’arrivée, mais pour les gros calibres on entend nettement la détonation sourde du canon puis un long sifflement et l’éclatement de l’obus quelques secondes après. Le bruit de la bataille continue sans interruption ; les groupes de fantassins tentent vainement de progresser dans la plaine au sud sous le barrage des 75 et des mortiers qui doivent infliger de lourdes pertes à des assaillants qui avancent en terrain plat et découvert.
Exceptionnellement, le ciel est gris et il fait très frais ; c’est une chance pour les attaquants.

A dix-sept heures le tonnerre de l’artillerie s’est subitement interrompu et un silence de plomb s’est étendu sur Bir-Hakim ; un silence impressionnant et qui paraît irréel. Dix minutes plus tard, le vacarme reprend aussi soudainement qu’il avait cessé et le bruit de la bataille se déchaîne à nouveau avec violence. Les assaillants avaient montré des drapeaux blancs et, à la faveur de cette trêve de dix minutes, leurs ambulanciers étaient venus ramasser les blessés dans la plaine. Vers huit ,heures du soir, les attaquants firent un nouvel et inutile effort pur prendre pied dans la position. Ils avaient partout été repoussés.

Dans la fin de l’après-midi, la présence de colonnes ennemies a été signalée sur les crêtes du Sud-Ouest. L’étreinte se resserre.

Après une telle journée, le calme de la nuit paraît merveilleux. L’artillerie se tait et l’on n’entend plus que de loin en loin quelques rafales d’armes automatiques. Tout autour de Bir-Hakim, un feu d’artifice de fusées vertes, blanches, rouges, monte continuellement dans le ciel sans lune qui fourmille d’étoiles. Pourtant, ce calme de la nuit n’était qu’apparent. Dans l’obscurité le combat continuait, plus silencieux, mais aussi plus âpre. Des patrouilles devaient surveiller constamment les abords extérieurs des champs de mines dont des détachements ennemis tentaient de s’approcher pour déminer et préparer un passage pour faciliter l’assaut. Pendant la nuit également se faisaient les distributions d’eau, de vivres et de munitions aux diverses unités et leur répartition parmi les hommes. Ainsi après une journée de combats, la nuit n’apportait pas le repos qui eût été nécessaire et alors que l’ennemi pouvait à chaque moment mettre en ligne des troupes fraîches, les défenseurs de Bir-Hakim ne pouvaient jamais se reposer de leurs fatigues.

A ce jour, 140 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
Retourner au contenu