9 juin - Bir-Hakeim

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9 juin

L'Histoire
Mardi 9 juin

Les tirs d’artillerie ont repris le matin et le bombardement habituel par les soixante avions a eu lieu à huit heures trente. A midi trente, reprise de la préparation d’artillerie ; les batteries de 75 sont plus particulièrement visées par les pièces de gros calibre. A treize heures un bombardement par soixante Junker 88 donne le signal d’une attaque générale sur tous les fronts. Plusieurs chars appuient l’infanterie qui ne peut réussir à avancer, excepté vers le Nord où, par suite de la perte de l’observatoire, notre artillerie ne peut pas intervenir efficacement. L’ennemi progresse soutenu par des chars et arrive jusqu’au champ de mines. Par moments le combat devient du corps à corps. Une compagnie de la légion doit intervenir avec des Brenn Carriers ; une automitrailleuse et un camion portant un canon de 77 sont détruits et incendiés. Un jour de plus pendant lequel les défenseurs de Bir-Hakim auront tenu sans faiblir.

Au coucher du soleil, retour des soixante Junkers 88 dont les bombes tombent sur l’ambulance chirurgicale légère et le groupe sanitaire qui pourtant avait été déplacé pour se trouver à l’écart et dans un endroit nettement visible et délimité par des drapeaux à croix rouge. Une bombe tombe sur le camion installé en salle d’opération, qui est détruit. Une autre dans une tente où se trouvaient vingt grands blessés. Tous sont tués, déchiquetés au point qu’il est impossible d’identifier les corps.

Dans l’après-midi , le Général a fait porter aux unités le message suivant :
« Nous remplissons notre mission depuis quatorze nuits et quatorze jours. Je demande que ni les cadres ni la troupe ne se laissent aller à la fatigue. Plus les jours passeront, plus ce sera dur ; ceci n’est pas pour faire peur à la première Brigade Française Libre. Que chacun bande ses énergies ! L’essentiel est de détruire l’ennemi chaque fois qu’il se présente à portée de tir.
Le Général de Brigade Koenig Cdt la première Brigade Française Indépendante »

Au milieu de la bataille, il règne au Poste de Commandement du Général une atmosphère de calme. De minute en minute les coups de téléphone se succèdent, donnant des renseignements sur l’évolution du combat. D’une voix assurée, pleine d’énergie et de sévérité apparente, même aux moments les plus critiques, le Général donne des ordres. Le commandement est difficile en raison des avaries constantes qui mettent les services de transmission hors d’état de fonctionner. Les obus, les bombes coupent les fils des téléphones qui courent sur le sol ; inlassablement, sous le bombardement intense, les hommes de la compagnie de transmissions circulent, réparant les lignes. Entre temps , des motocyclistes assurent les liaisons, portant les plis à travers le camp au milieu des obus qui éclatent.

Malgré le courage de tous, en cette fin de journée, les forces de résistance commencent à s’épuiser. Depuis quelques jours on ne s’alimente plus régulièrement. Quand ils le peuvent, les hommes ouvrent une boîte de corned-beef qu’ils mangent avec des biscuits. Les visages amaigris, aux traits tirés, portent des marques d’une fatigue grandissante. Les réserves d’eau seront épuisées dans quarante-huit heures. L’ambulance chirurgicale légère a été détruite et les blessés ne peuvent plus être opérés

A 17 heures , le commandement allié a fait demander au Général Koenig dans quelles conditions il serait possible d’évacuer la garnison de Bir-Hakim qui devait tenir en principe dix jours au maximum et tient en fait depuis quatorze, et dont la résistance n’est plus essentielle au développement général du plan de bataille. L’évacuation ce soir même aurait été souhaitable. Certaines raisons techniques la feront remettre à demain. Le Général Koenig, devant l’obligation de tenir 24 heures de plus, a demandé l’aide maxima de la Royal Air Force et des brigades britanniques établies au sud-ouest.
A ce jour, 140 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
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