Déroulement - Bir-Hakeim

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Déroulement

L'Histoire
Au cours de l'après-midi du 26 Mai, le bruit sourd et lointain d'une canonnade est perçu à Bir-Hakeim venant du Nord. L'Etat-majior est en liaison radio avec les 7ème et 4ème Brigades de la 7ème Division Blindée qui battent l'estrade à l'Ouest de nos champs de mines, elles sont déployées pour couvrir l'installation, au Sud de Bir-Hakeim, de la 3ème  Brigade Indienne arrivée la veille.
Le Général apprend par l'écoute du réseau de Commandement le repli du dispositif de surveillance des automitrailleuses, devant des formations mécaniques venant de Rotunda signali.

La Colonne mobile du Commandant Amiel, ''Tomcol'', formée d'une Compagnie du B.M.2 et de la Batterie Morlon, rentre dans la position après avoir rencontré des éléments légers ennemis à un kilomètre au Sud du fort.
         
Dans la nuit claire, le moindre bruit résonne à l'infini, les observateurs aux aguets entendent des ronronnements de moteurs qui semblent venir de partout. A partir de 21 heures un avion, bourdon obstiné, tourne très haut à la verticale de Bir-Hakeim, à intervalles réguliers, il lance une fusée éclairante à parachute dont la lumière descend lentement, tout droit, il n'y a pas de vent, elle s'éteint avant de toucher le sable. Le ciel est d'une pureté de cristal, la lune brille. Dans le Sud-ouest, puis dans le Sud, des signaux lumineux jaillissent et les guetteurs calmes et silencieux entendent le grondement des chars ennemis en mouvement.

L'aube perce à peine quand la 7ème D.B. transmet par radio l'ordre de fermer et miner les portes des champs de mines.
À sept heures douze, un feu d'artillerie puissant claque dans le Sud, suivi aussitôt du tumulte d'un engagement furieux dans la direction de la 3ème  Brigade Indienne. A 7 heures 30, la 7ème D.B. fait savoir que ''l'Armée blindée Afrika'' attaque et que sa 4ème Brigade va contre-attaquer. Ce sera sa dernière communication, le téléphone est coupé, la radio se tait, la Brigade Française est seule, l’ennemi est proche.

Des patrouilles sortent de la position et les comptes-rendus affluent à l'Etat-major, notés avec précision sur la carte par le Capitaine Mallet; ils annoncent l'apparition de forces d'infanterie à l'Ouest et le déplacement des véhicules dans le sud. Dans le ''V'' de mines, au Nord, le détachement de Lamaze du 3ème Bataillon de Légion ouvre le feu sur des blindés qui se massent à l'Ouest du champs de mines. Enfin nos Artilleurs tirent fusant sur un convoi arrêté au Sud-ouest, qui, sans méprise possible, est ennemi. Une masse importante de chars, de 75 automoteurs et de camions d'infanterie s'approche de Bir-Hakeim.

A partir de 9 heures, les observateurs voient nettement deux vagues cuirassées, l'une de 50, l'autre de 20 engins, qui chargent en formation de combat vers nous. Les transports de troupes qui suivent les chars s'arrêtent à deux mille mètres et débarquent l'infanterie. Le 1er Régiment d'Artillerie, par son tir d'efficacité persuade rapidement les Fantassins d'avoir à rembarquer et à disparaître. C'est ainsi, qu'après avoir perdu quelques ''plumes''(1), le 8ème Régiment, le IIIème Bataillon de Bersaglieri abandonnent, à leur sort, le 132ème Régiment de Chars et les automoteurs du Vème  Groupe de 75 qui attaquent et se ruent sur le Quartier tenu par le 2ème Bataillon de Légion du Commandant Babonneau.

A mille deux cents mètres les chars de tête abordent le marais de mines et sautent, alors les blindés ouvrent le feu. La riposte est immédiate, brutale et violente, onze canons de 75 antichars crachent leurs obus, en une seule bordée. La bataille est intense, aux tirs des chars répondent les antichars et l'artillerie. Dès le début de l'attaque, le Général Koenig m'envoie en liaison au 11/13, les obus perforants des chars traversent la position, ricochant sur le sol rocailleux, tels des poissons volants devenus fous. Au retour je suis traité d'insensé, en termes très vifs, par Murraciole, ''Capitaine de Vienne vous allez vous faire tuer'' . L'épaisse poussière qui couvre la zone où se déroule le combat, se mélange à la fumée de deux blindés qui brûlent, alors que leurs équipages se roulent sur le sol pour éteindre leurs combinaisons en feu.

La première vague est rompue, ses chars tourbillonnent un instant, puis se reforment et se joignent courageusement à la deuxième vague qui est, à son tour, clouée sur place. Cependant dix d'entre eux ont atteint le ruban miné qui protège et limite le point d'appui, six pénètrent dans la position et sont cassés à bout portant, l'un d'eux est à deux mètres du P.C. du Capitaine Morel dont il a percé l'abri d'un obus de 47. Trente-trois chars ont été démolis, le dernier est déchenillé devant le Quartier du B.M.2. un chef de pièce de Légion en a détruit sept, Benaich du B.I.M. cinq. Les ''75" d'infanterie ont ''fait merveille'' les Légionnaires tirent sur le personnel qui tente de s'échapper à pied. Le dernier italien capturé est le chauffeur du Colonel Commandant le 132ème Régiment Mécanique qui venait, avec la voiture de commandement, chercher son chef, le Colonel Prestissimone, déjà entre nos mains, blessé. Pour parvenir au centre du bastion Est, il a changé trois fois de char, c'est un sicilien. Trois quart d'heure après, le combat terminé, « l’Ariete » (2) se replie, quatre-vingt-onze Italiens sont faits prisonniers, quelques uns blessés, dont le Sous-lieutenant officier observateur de l'Artillerie Automotrice (3) récemment arrivé d'Italie. Nous n'avons qu'un blessé léger le Légionnaire Hoyo et un canon de 47 démoli.

Des convois passent sans cesse dans le Sud, des patrouilles sortent, les Brenn carriers du B.P.I et de la Légion ramènent quelques Italiens et aussi des Allemands: ce sont les premiers depuis 1940… heureux présage !

Notre action gène le ravitaillement du corps de bataille ennemi. En fin de soirée, le Capitaine de Lamaze, chargé du maintien de l'intégrité des champs de mines du « V » attaque un détachement italien venu du Nord, et démolit deux chars. La présence inattendue de l'ennemi en ce lieu surprend, Bir-Hakeim est donc complètement encerclé.

Le soir, une centaine de prisonniers sont entre nos mains, ainsi que des camions militaires français, provenant d'Algérie, comme le prouvent leurs carnets de bord. Les communications radios enfin rétablies avec le Commandant du 30ème Corps, font savoir, vers 18 heures, que notre Échelon arrière a réussi à se replier au moment où la 90ème  Division légère allemande abordait la dépression de Bir-Buu-Maafez. Six chars ont causé quelques pertes à la 101ème Compagnie du Train du Capitaine Dulau.

Le Duce choisit ce moment pour réclamer Nice, la Corse et la Tunisie.

Du 28 Mai au 1er Juin, tandis que de violents combats s'engagent dans Knightbridge, la 1ère Brigade Française se livre à une guerre de course sur les arrières de Rommel contre ses convois de ravitaillement, et ses ateliers de réparation. Le B.P. 1 s'empare ainsi de vivres et d'un camion-citerne de mille litres d'eau ; c'est une aubaine car cent quatre-vingt prisonniers vivent sur notre ordinaire, certains s'étant présentés à Bir-Hakeim croyant ravitailler ''l'Ariete''.

Le Lieutenant Général Norrie, Commandant le 30ème Cops adresse ses félicitations à la Brigade pour son magnifique succès, sa résistance opiniâtre, son action offensive et ses patrouilles''.
Cependant le Général Koenig a des préoccupations; la R.A.F. mitraille et bombarde par deux fois, le 28 Mai à 19 heures, puis le 29, notre lisière Sud, tuant deux Marsouins du B.P. 1. Elle s'en prend aux chars italiens démolis la veille qui paraissent intacts, prêts à attaquer, le vent de sable, qui brouille tout, est en partie responsable de cette méprise, Les légionnaires vont incendier les blindés et les Sapeurs les achèvent à l'explosif. Il est impossible dans notre position, de se rendre compte de la situation générale, nous savons seulement que la 3ème Brigade Indienne a été anéantie par quatorze chars allemands accompagnés d'une nombreuse infanterie. Curieusement, un Amiral, Sir Cowan, a été fait prisonnier avec les Hindous, selon le communiqué allemand.

Toute la 7ème  Division Blindée s'est repliée vers El-Adem, son chef, le Général Messervy a disparu (4), les ordres secrets, les codes chiffrés sont aux mains de Rommel, mais cela ne gène guère les Français Libres qui se servent, alors, du code ''omoplate''.

A Bir-Hakeim, le moral des cadres et des hommes est au plus haut. Tout le monde est confiant dans l'issue des opérations menées par la VIIIème Armée, et tous, notre chef le premier, sont convaincus que la victoire est proche: Rommel est pris au piège et les troupes de l'Axe seront détruites, Ritchie, optimiste, télégraphie à Londres qu'il a pris Rommel dans une ''nasse'' et qu'il ne reste plus qu'à la vider.

Or, trente-six heures après notre succès du 27 Mai, Koenig s'inquiète de la présence de l'ennemi dans le ''V'' de mines, sans doute arrivé par le Nord. En effet dans l'après-midi, le Détachement de Lamaze appuyé par la Batterie Chavanac se heurte à nouveau à des blindés italiens, détruisant sept automitrailleuses Fiat-Ansaldo; mais, il est obligé de se retirer sous un bombardement de 105, a des blessés et perd deux Brenn carriers de la Section Bourdis. Pour finir, des chars foncent sur lui, et oblige le Lieutenant Sartin, à faire exécuter un décrochage acrobatique à ses pièces qui viennent de casser deux chars à bout portant.
Dans la soirée, l'ennemi, semble-t-il, cherche à se frayer un passage vers l'Ouest, ses pionniers sont à l'oeuvre dans les champs de mines au Nord de la position française. Cette crainte étant confirmée peu après, le 30ème Corps ordonne à la Brigade de contrecarrer cette tentative, en liaison avec la 150ème | Brigade Anglaise.


Une formation de deux Ju 87-B "Stukas" survole le désert libyen

Enfin, l'Afrika Korps recule, à court d'essence, de vivres et d'eau. La Division ''Trieste'' prend à revers la ligne de défense alliée et veut ouvrir une ligne directe de ravitaillement au travers du champ de mines. Nous intervenons sur son flanc, sa riposte cause quelques dégâts, mais le tableau de chasse s'accroit de quelques blindés. Dans de l'après-midi, le Lieutenant-colonel Amilakvari, avec la Colonne de Lamaze et la Batterie Quirot agit, dans la nuit, le Capitaine Messmer emmène un Groupement mixte Légion-B.M.2 à l'Ouest du ''V'' et fait tirer toutes les deux heures, la Section Emberger, sur le passage que la ''Trieste'' a ouvert.

Dès le lendemain des convois de camions allemands roulent vers l’Ouest par une large brèche défendue par des chars. Les Français prennent des risques mais ne peuvent s'opposer à eux seuls, au repli des troupes de ''l'Armée Blindée Afrika'' la R.A.F. en effet, reporte ses coups sur les ports de Tripolitaine où débarquent des renforts.
Le 29 mai, au Nord Est, la Garde Anglaise résiste dans le ''Chaudron du diable, à Knightbridge: des deux côtés les pertes en chars sont lourdes mais la VIIIème Armée paraît être sur le point de remporter la victoire. Notre Général, familièrement ''le vieux lapin est préoccupé par la diminution des réserves en munitions d'artillerie: deux unités de feu ont été consommées sur les six stockées avant l'action, les vivres et l'eau vont manquer, le problème se complique, aux deux cents prisonniers qu'il faut nourrir, viennent s'ajouter six cent vingt Hindous de la 3ème Brigade, les Italiens qui les gardaient prisonniers les ont abandonnés avant de se replier. Depuis deux jours ils n'ont ni bu, ni mangé et leurs convictions religieuses leur interdit le ''corned-beef''. Le Capitaine Cance leur offre beaucoup d'eau, mais cela ne leur suffit pas. Ils s'égaient dans le camp raflant tout, y compris dans le camion P.C. du Général, et boivent l'eau des radiateurs des véhicules. Ce sont des Pendjabis, les Allemands leur ont coupé barbe et chignon qu'ils portent longs, ce qui les rend honteux mais leur laisse de l'appétit.
Par les officiers Indiens, nous apprenons que des canons de 25 livres (5) sont restés sur le terrain où la Brigade a été anéantie. L'Aspirant de la Roche récupère alors trois pièces, qui permettront d'obtenir par ''cannibalisation'' deux canons, or, sur la position, il y a trois mille coups de ce calibre à tirer. Dans l'armée britannique, l'Artillerie a une tradition particulière, elle ne possède pas d'étendard ; à la parade, les honneurs sont rendus aux canons, qui ont valeur d'emblèmes. Les Artilleurs Hindous, fidèles à cette règle, se sont faits tuer, le fusil à la main, en défendant leurs pièces.

Le 30 Mai, la bataille se poursuit favorablement sur les arrières, un télégramme est arrivé pour nous rassurer : « les opérations se déroulent conformément au plan du Commandement britanniques ». Ce message précise que l'ennemi a subi de très grosses pertes et paraît se replier par une brèche pratiquée dans le champ de mines à huit kilomètres au Nord de Bir-Hakeim. En cet instant, la situation de Rommel est extrêmement critique: au Nord ses Unités sont en panne de carburant, la 90ème Légère du Major Général Kleemann presque encerclée, la troupe épuisée, sans ravitaillement, sans eau; in extremis, le Général Nehring, adjoint du Général Commandant les 15ème et 21ème  Panzers forme autour des chars immobilisés un mur d'acier avec les canons de 88 Flak(6) servis en D.C.B. et arrête les chars Grant qui attaquent, sauvant l'Afrika Korps.
Et au soir de ce jour, cinq Brenn carriers ramènent du Nord les rescapés de la 150ème Brigade Britannique anéantie.

M. Winston Churchill écrit dans ses mémoires :
« Nous savons aujourd'hui que Rommel espérait s'emparer de Tobrouk dès le second jour de son offensive. Cela ne fut pas possible. S'il voulait se renforcer en vue d'un nouvel effort, il lui était indispensable de conserver et d'élargir sa tête de pont établie dans les champs de mines du Sud.Tant que résistait Bir-Hakeim, fortement défendue par la Première Brigade de la France Libre contre des assauts terrestres et aériens incessants, ces brèches étaient les seules voies sûres pour son ravitaillement. Au cours de la première semaine de Juin, la bataille se concentra sur ces deux points: Bir-Hakeim et la tête de pont que la 150ème  Brigade tenait toujours obstinément. Rommel avait un besoin urgent d'approvisionnement et d'eau. Pour ne pas perdre la bataille toute entière, il lui fallait éliminer cette Brigade afin d'ouvrir un chemin à ses convois. Elle fut attaquée et détruite le1er Juin ».

A la fin du mois de Mai, la première phase de la bataille est terminée, une impression de soulagement règne, les mauvais moments sont passés, l'ennemi battu se replie. Le Lieutenant Hopchapfel avec la Compagnie du Train se présente le 31 Mai vers 7 heures à la ''Porte de la Légion'' après un voyage de nuit sans encombre. A la demande du médecin Colonel Reilinger, le Médecin Capitaine Durrbach, chirurgien émérite, arrive en renfort des médecins Capitaines Thibauld et Guillon. Pendant que les camions, qui apportent de quoi reconstituer les réserves à sept jours, sont déchargés, trois Colonnes nettoient les alentours, chacune d'elles a sa Batterie d'artillerie, Chavanac, Gufflet, Morlon. Le Capitaine Messmer, déjà dans le ''V'', attaque quinze paniers au canon à trois mille mètres. Mais la patience de l'ennemi a des limites, cinq chars chargent à la tombée de la nuit, l'assaut est repoussé, trois Légionnaires sont blessés. Le B.M.2 fournit un détachement qui sous les ordres du Lieutenant-colonel de Roux agit en liaison avec Messmer à l'Ouest de la branche occidentale du ''V''. Ses coups portent mais il est bientôt assailli par une meute d'avions de chasse allemande. Quelques Tirailleurs sont blessés. Enfin, dans le Sud, le Lieutenant-colonel Amilakvari a reçu mission de détruire une formation de vingt chars et de nombreux camions stationnés dans le Sud Est. Il dispose des ''75'' antichars de la Compagnie de Sairigné, et du Peloton d'automitrailleuses du ''Royal Dragoons'' qui escortait le convoi. Le capitaine Bricogne, adjoint du Commandant du 1er  R.A, animateur de toutes les ''Jock Columns'' est de la partie. Cinq des chars signalés sont atteints malgré les mauvaises conditions de tir, dues au mirage et au vent de sable, un sixième brûle et explose.

Au loin une canonnade intense tonne toujours dans la direction de Knightbridge, dominée de temps à autre, par le bruit d'un bombardement aérien. Dans la soirée arrive le Général de Larminat qui félicite la garnison pour son brillant succès, un journaliste, Jean- Pierre Bénard l'accompagne, venu dans une voiture dont la conductrice est anglaise, Miss Suzanne Travers. Tandis qu'à l'Etat-major, les Généraux analysent la situation, la Brigade a reçu l'ordre de se tenir prête à partir vers l'Ouest pour occuper El-Teilim et Rotunda signali. Le Commandant de la ''Force L'' confirme le jugement du Commandement britannique, l'offensive de Rommel a échoué, il se replie à l'Ouest des champs de mines, les détachements qui subsistent dans le ''V'' ne sont là que pour protéger sa retraite. Il n'y a plus d'ennemi, ni à l'Ouest, ni au Sud, ni à l'Est de Bir-Hakeim, nos convois passent librement, il faut maintenant contre-attaquer et d'abord couper rapidement la route à ''l'Armée blindée d'Afrique''.

Le soir, la 101ème Compagnie repart, emmenant six cent cinquante-quatre Britanniques et Hindous, cinquante-quatre blessés, cent vingt-cinq Allemands et cent cinquante-quatre Italiens. Le convoi est à peine parti que des stukas viennent lâcher leurs bombes sur Bir-Hakeim.
Malgré les ordres pressants du Commandement britannique, la Brigade ne peut qu’amorcer son mouvement: le Lieutenant-colonel Broche avec le B.P. 1, seul à avoir ses camions sur place, démarre le 1er Juin à 9 heures avec la Batterie Quirot, et la Section de Bofors de l'Enseigne de vaisseau Bauche, ce Groupement tactique est rapidement aux prises avec les JU 87-8 Stukas de ''l'Oberstleutnant Walter Sigel'' récemment transférés de Sicile. Les dégâts sont importants, les blessés nombreux, et douze camions détruits dont deux citernes, l'une d'eau, l'autre d'essence, mais nos Fusiliers-marins ont abattu quatre appareils marqués de l'insigne de l'Escadrille: un ''cobra''. Un vent de sable brûlant et violent rend les liaisons radios inaudibles, nous savons seulement que le détachement est arrivé à la tombée de la nuit et qu'il a repoussé une arrière-garde ennemie.

Dans Bir-Hakeim, les ordres et contre-ordres de l'autorité supérieure se succèdent. Le détachement Messmer dans le ''V'' démine une porte pour laisser passer la 4ème  Brigade blindée, puis, sans délai, reçoit l'ordre de la refermer. La Légion s'apprête à faire mouvement pour rejoindre la Colonne Broche, les véhicules des Échelons B sont prêts à venir, mais le départ est remis, il lui faut exécuter des patrouilles. Le désert est à cet instant d'un calme étrange, quand surgissent des bombardiers ennemis ; Bir-Hakeim subit  alors à quatre reprises, des attaques en piqué de stukas par formations de quinze à vingt, les bombes de deux cent cinquante kilos font dans le sol, d'énormes entonnoirs de cinq mètres diamètre. Les Fusiliers-marins, debout à leurs pièces, tirent sans arrêt, empêchant les stukas de viser avec précision. L’équipage de la pièce du Quartier-maître Fusilier Le Borgne est fauché par l'éclatement d'une bombe, son chef et six servants sont tués. Dans la position, les pertes sont importantes, neuf tués et blessés. Le poste de secours du Médecin capitaine Guenon, où opère le Docteur  Mayolle est détruit et cinq camions de l'artillerie sont démolis.

Le Général de Larminat vient saluer les morts avant de repartir vers les Échelons arrières à 18 heures. La Brigade ne doit plus exécuter le mouvement prévu, la mise en route est annulée. Nous comprenons alors que la bataille change de forme, la guerre de course est terminée, impression que confirme un message laconique du 30ème Corps ''les Allemands sont partout, et semblent ne plus manquer d'essence'' Les neuf ambulances de l'American Field Service, sous les ordres du Lieutenant Worren, guidées par l'Aspirant Bellec, partent pour M'Teilim chercher les blessés du B.P. 1, le Médecin Commandant Vignes, médecin Chef du Groupe Sanitaire Divisionnaire les accompagne.

(1) Les Bersagliers portent des plumes de coq à leur coiffure et à leur casque
(2): Ariete, un bélier en est l'insigne
(3) :  Cet officier deviendra attaché militaire à Paris en 1971
(4) capturé il s'évadera le surlendemain
(5) du calibre de 88 m/m
(6) Flak est l'abréviation d'un mot allemand : Fliegerabwehrkanone, signifiant canon antiaérien

A ce jour, 132 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
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