Jack column - Bir-Hakeim

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Jack column

L'Histoire
S'il est permis de comparer la vie que mène le détachement à un jeu, il serait possible de dire que les règles du ''jeu de barre'' s'appliquent à ses rencontres avec l'ennemi : les Français provoquent, l'ennemi réagit. Ainsi, une reconnaissance mené le 21 par le Lieutenant-colonel Amilakvari, avec les capitaines Simon et Bricogne, est prise à partie par une mitrailleuse lourde Breda ; le 25, l'avance de la Colonne mobile Kœnig sur Der Crima entraîne la sortie de douze chars italiens qui progressent jusqu'à Baltet Hamarin: le ''lâger'' se replie alors laissant en surveillance le Peloton d'automitrailleuses du Lieutenant de Courcel. Enfin, lassées de ce harcèlement, les forces de l'Axe attaquent, une colonne blindée italo-allemande oblige les Sud-Africains à reculer, fonce sur la Jock Column française et surprend une Section de 75 du Capitaine Quirot qui se disperse, mais les canons d'Emberger interviennent et mettent le feu à un véhicule : l'ennemi se retire.

Le Groupe franc de la Légion du Lieutenant Gambier et du Sergent Perez, ancien officier de chars de l'Armée Franco, place de nuit des mines sur les itinéraires que suivent à l'arrière de Mechili, les convois de ravitaillement italiens. Au petit matin on observe à la jumelle les camions qui sautent.
Pour la première fois des Libyens viennent à nous. Une caravane fuyant Bir-Tegender arrive dans notre campement, le 27 Février, en début d'après-midi. Les nomades transportent de la belle farine prise aux Indiens et du savon allemand. En échange de thé ils nous offrent du lait de chamelle.

Début Mars, le Général Koenig reçoit une nouvelle mission, celle d'animer à la fois deux Jock Column dans le no man': land, je deviens alors son adjoint. le Général Lumbsden, commandant la 7ème  Blindée, la Division des « rats du désert » dont dépend la 1ère Brigade, vient donner ses directives: il s'agit de se montrer plus offensif contre un ennemi qui s'obstine à demeurer invisible. Les Lieutenant-colonels Amilakvari et Broche, puis de Roux, commandent ces Colonnes auxquelles participent tour à tour toutes les Unités d'Infanterie, d’Artillerie, de D.C.A. et également du Génie. Une Colonne de la Garde s'installe dans le Nord de notre secteur, et le dispositif de surveillance est alors fourni par les automitrailleuses du Royal Dragoons et celles du XIIème Régiment de Lanciers.

Le scénario de notre vie quotidienne ne varie guère au cours du printemps 1942. Par trois fois cependant, des accrochages très sérieux nous opposent à des blindés ennemis. Le 15 Mars, un dur combat met aux prises le Groupement Lieutenant-colonel Broche et l'ennemi.  Il est ainsi mentionné dans le journal de marche :
« Au réveil, le capitaine de Kersauzon vient avertir que rien ne va. Comme d'habitude, on entend une canonnade toute proche. A 8 h 15 des renseignements parviennent au P.C., une colonne de vingt-six chars italiens et quelques troupes sur camions sont sortis de Mechili, ils défilent devant Bir-el-Hamarin; vers 8 h 30, les comptes-rendus se succèdent. Une colonne de chars allemands, venant du Nord, a attaqué les Gardes qui reculent, Broche tire sur les Italiens qui veulent faire leur jonction avec les Allemands et réussit à les arrêter, mais ceux-ci passant, par une faille, dans le rideau de surveillance prennent par surprise les éléments avancés des Gardes, ils culbutent la Batterie de 25 pounders du capitaine Calley qui appuie la Jock Column Broche et n'a pas eu le temps d'exécuter l'ordre de se replier; tous les servants se font tuer en défendant leurs pièces. Retraite précipitée partout, le Capitaine Chavanac a tiré toutes ses munitions, deux chars ont été touchés, trois camions brûlés. Alors les Colonnes Amilakvari et Broche se regroupent a El-Teilim. L'adjudant-chef Lepeltier du B.I.M. s'est bravement comporté, bien que grièvement blessé à la jambe, au volant de son 25 derviche(1) il rejoint la colonne, il fallut l'amputer à Bir-Hakeim » .
Le 25 Mars, le Général Koenig reçoit un télégramme du Commandant de la 1ère Division Blindée:
« N°155 - Le Général Ritchie, Commandant l'armée a reçu le message suivant du Commandant en Chef Auchinleck -  veuillez accepter mes félicitations pour les résultats très satisfaisants des opérations et transmettre ma satisfaction à ceux que cela concerne -stop - Les opérations dont il s'agit sont celles des 20 et 21 Mars fin »

Ces actions entreprises sur Martuba,, avaient pour but d'attirer sur les ''Jock Column'' l'aviation qui bombardait chaque jour Malte et de permettre le ravitaillement de l'île qui n'était plus assuré depuis deux mois.
A la mi-Avril, enfin, quatorze chars allemands passent à l'attaque, ils couvrent la relève, à Tmimi, des Unités de l'Afrika Korps par des troupes italiennes, nous apprennent les Bulletins de Renseignement.
Durant tout un après-midi, une joute s'engage entre les 75 des capitaines Quirot et Simon et un adversaire qui cède en fin de soirée : un canon de 75, immobilisé par la boue, tient tête et détruit un char qui l'assaille. La Luftwaffe se montre de plus en plus active, Bir-Hakeim est bombardé par deux fois, la R.A.F. aussitôt alertée intervient; des combats aériens s'en suivent aussi meurtriers pour un parti que pour l'autre.

( 1 ) Derviche : canon antichar monté sur une base pivotante portée par une camionnette Morris
A ce jour, 132 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
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