Le dispositif - Bir-Hakeim

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Le dispositif

L'Histoire
En mai 1942, Auchinleck attend encore, venant de Grande-Bretagne par le Cap de Bonne Espérance, du matériel moderne et deux Divisions de renfort, ce qui l'oblige à prendre un dispositif défensif, fondé sur la certitude qu'il est impossible de s'enfoncer de plus quatre-vingt kilomètres dans le désert avec des forces importantes: ce front protège à hauteur d'Aïn-el-Gazala avec deux Divisions (1ère  Sud-africaine – 50ème Britannique) le port de Tobrouk que la 2ème Division Sud-africaine a mission de défendre, il est flanqué à quatre-vingt kilomètres dans le Sud par la 1ère Brigade Française Libre à Bir-Hakeim. Entre ces deux positions, la 150ème  Brigade Anglaise barre à Sidi Muftah, le Capuzzo.

La protection de cette ligne de défense est assurée par une large bande minée, continue, longue de cent kilomètres, obstacle artificiel truffé d'un million d'engins diaboliques qui descend jusqu'à Bir-Hakeim, puis remonte jusqu'à Knightbridge, c'est le V de mines. Plus à l'Est, la 5ème Division Indienne  et la 2ème Brigade Française Libre du Général Cazaud protègent l'aérodrome de Bardia et les importants dépôts d'El-Adem.

Les Réserves Blindées chargées de mener les contre-attaques sont placées au centre du Dispositif, elles sont formées de la 1ère Division Blindée et de la 7èmeDivision Blindée celle des fameux ''rats du désert''. Cette Unité présente en Egypte depuis 1936 avait pris pour totem la Gerboise, petit mammifère rongeur et sauteur des pays désertiques que Mussolini, méprisant, qualifia à la radio de « rat du désert ». Elle adopta ce surnom, fit la campagne d’Afrique de 1940 à 1943 et aura l'honneur d'entrer la première dans la lumineuse cité blanche de Tunis.

Rommel définit cet ensemble défensif ramassé et puissant de « rude morceau à avaler ».

Bir-Hakeim à l'extrême Sud des positions alliées commande trois pistes ;  l'une va vers l’Ouest à Rotunda signali, l'autre se dirige vers le Nord-Est et rejoint la route côtière, la troisième dite Route F conduit à El-Gobi, au Sud de Tobrouk. La position dont la 1ère Brigade Française Libre assure la défense, couvre une superficie de seize kilomètres carrés n'offrant  à l'oeil, rien d'autre que le néant de poussière et de soleil du désert Libyen sec et désolé. Le terrain est caractérisé, en effet, par une absence totale de couverts, il n'offre aucun relief si ce n'est une légère ondulation courant du nord au sud d'un point coté 186 sur la carte que marquent, en ce lieu, les déblais, appelés ''mamelles'', extraits de deux anciennes citernes creusées à Bir-El-Harmat jusqu'aux ruines du petit poste italien.
A l'ouest de ce mouvement, une grande cuvette inclinée vers le nord étincelle au soleil du reflet de milliers de cristaux de sel, rappelant la présence d'un ancien marais salant desséché, qui bien que virtuel est encore porté sur la carte sous le nom poétique de ''mudpan'' (1).

Ce n'est pas dans l'intention de provoquer la destruction des Français Libres que le commandement britannique leur a confié la défense de ce point d'appui comme l'affirmera un hebdomadaire vichyste du moment mais bien parce que la Brigade possède une puissance de feu antichars et antiaérienne considérable. En outre le Général Ritchie, commandant la VIIIème  Armée, pressent que Rommel va bientôt reprendre l'offensive et s'attend à une attaque frontale dans le nord.
(1) : casserole de boue

A ce jour, 132 militaires français sont morts pour la France en Afghanistan, en Somalie, au Mali ,au Levant et en Centrafrique
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